Valorisation de l’agriculture
Le Niger, pays sahélien aux trois quarts désertiques, a su transformer une contrainte naturelle en opportunité économique. Grâce aux cultures de contre-saison pratiquées pendant huit mois de l'année, le pays s'est imposé comme le premier producteur et exportateur de légumes de la région, avec une production horticole brute dépassant les 5,8 millions de tonnes par an.
L'oignon nigérien, dont la variété « Violet de Galmi » est protégée auprès de l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), génère à lui seul des recettes d'exportation estimées à 80 milliards de francs CFA, approvisionnant les marchés du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Bénin et du Nigeria.
Cette dynamique agricole résulte d'une volonté politique affirmée. Dès 2011, l'État nigérien a lancé l'Initiative 3N (« Les Nigériens Nourrissent les Nigériens »), politique déclinée en plusieurs programmes structurants :
- la Stratégie de la Petite Irrigation au Niger (SPIN),
- la Politique Nationale de Sécurité Alimentaire (PNSN) qui vise à renforcer la souveraineté alimentaire du pays et à soutenir les producteurs agricoles.
Comité interministériel pour le dialogue social
Sur le plan social et institutionnel, le Niger a également posé des jalons importants. Le pays a ratifié la Convention OIT C144 sur la consultation tripartite en 2018, et la Convention C154 sur la négociation collective dès 1985. Il dispose d'un Code du Travail consacrant les droits fondamentaux des travailleurs, d'une Convention Collective Interprofessionnelle révisée en 2012, et d'une architecture de dialogue social structurée autour de plusieurs instances : le Conseil National du Dialogue Social (CNDS), la Commission Consultative du Travail et de l'Emploi (CCTE) et le Conseil National du Travail. En 2015, le gouvernement a lancé un dialogue national sur la protection sociale, avec la mise en place d'un comité interministériel dédié.
Les organisations de producteurs, quant à elles, se sont progressivement structurées au niveau national, avec des faîtières actives comme l'ANFO pour la filière oignon, la FCMN-Niya pour le maraîchage, ou la FUGPN Mooriben pour les groupements paysans. Ces organisations ont contribué à l'émergence de cadres de concertation intersectoriels, répondant aux orientations de la Recommandation 204 de l'OIT sur la formalisation de l'économie informelle.