La mangue, une filière stratégique pour le Mali
Avec une production annuelle potentielle estimée à environ 575 000 tonnes, la mangue est l’un des piliers de l’économie malienne. Elle génère chaque année entre 25 000 et 30 000 emplois directs et indirects, en grande majorité saisonniers. Ses fruits partent principalement vers le Maroc, mais aussi vers plusieurs pays européens, dont la France, les Pays-Bas et l’Espagne.
Des régions de Sikasso et de Koulikoro jusqu’au district de Bamako, elle fait vivre une longue chaîne d’actrices et d’acteurs : pépiniéristes, producteurs, pisteurs, cueilleurs, transporteurs, transformateurs qui sèchent les fruits ou en font des jus, commerçants et exportateurs. Parmi les travailleuses et travailleurs saisonniers, les femmes et les jeunes sont fortement représenté·es.
Ces dernières années, des investissements importants ont soutenu la filière. Le Projet d’appui à la compétitivité agro-industrielle au Mali (PACAM), financé par la Banque mondiale, a porté les volumes de mangues transformées à 18 635 tonnes, contre 6 000 au départ, et réhabilité 300 kilomètres de routes rurales. La coopération néerlandaise est également un bailleur important de la filière. Mais qu’en est-il des conditions de travail tout au long de la chaîne de valeur, et où en sont les mécanismes qui garantissent l’accès au travail décent ?